La contre-révolution, c’est aussi le “Tout-maintenant”.

Dans une situation plus ordonnée et quand la Tunisie reprendra une activité normale, nous serons contre “Ghannouchi” et son gouvernement, et nous nous opposons à ses membres douteux et à ses politiques. Toutefois la pagaille qui pourrait mener au chaos Total, et qui donne l’occasion aux forces qui tirent vers l’arrière de se repositionner et de se créer des rôles,ne laisse aucun choix sauf le soutien de “Ghannouchi”.

Par ailleurs je pense comme beaucoup d’activistes et observateurs que politiquement le RCD est “cliniquement mort ”, et sans aucune légitimité, sauf après un nettoyage interne et une nouvelle identité : Un processus qui va prendre beaucoup de temps, car complexe tant sur le plan organisationnel que sur le volet intellectuel.

Attaquer le RCD en ce moment c’est inciter à la solidarité de ces membres, jusque-là en silence et en dehors de la scène et provoquer ses potentialités massificatrices. Bien au contraire, c’est en le laissant à la marge des évènements, que nous parvenions – en tant que citoyens qui appellent à la liberté; à la justice, à la dignité et à la démocratie; et qui s’opposent au ‘Tolitarisme’ et la dictature – à affaiblir d’avantage sa légitimé et sa potence politique. ce qui offre aux plus « propres » de ses membres la possibilité de régler les comptes des plus « sales », de les éjecter de son système; et de redéfinir leur positionnement et leur orientation sur la nouvelle carte politique de la Tunisie nouvelle; je suis parmi ceux qui croient à la faillite préalable de la logique et du discours de l’exclusion, même si, ce parti – le RCD – l’avait longuement pratiqué; car ceci n’est pas un prétexte pour soigner le mal par le mal; surtout en ce moment , car il s’agit d’un moment fondateur de la Tunisie de demain qui ne devrait en aucun cas se salir par les pratiques archaïques de la dictature.

Je suis d’accord avec la symbolique négative, liée à Ben Ali; du premier ministre Mohamed Ghannouchi, néanmoins je persiste à croire que c’est un homme; sans griffes et sans avenir politique, et que le vrai débat consiste à s’apercevoir des rôles que peuvent jouer les grandes puissances, ce serait naïf et même débile de penser que les américains sont sans aucun rôle dans ce dossier, je crois que la vraie bataille de l’opposition radicale serait, celle qui consiste à contrer politiquement un homme comme Kamal Morjane par exemple, puisque l’homme des américains. dans sa très probable prochaine campagne présidentielle, par un vrai travail politique – qui devrait se mettre rapidement en place, au sein des partis politiques – et non par un excès de manifestations; comme celles qui se tiennent à la Kasba en ce moment, dont  je n’aime – par précaution – ni la forme et ni le timing, tout en étant solidaire avec leurs demandes, et parce que, j’en sais peu sur ceux qui les motivent et leurs agendas. Ma position, Je la puise d’une intime conviction me poussant à croire que la rue a bien et suffisamment rempli son rôle, et que c’est aux politiques de faire et de réaliser les leurs; de plus ces rassemblements; et particulièrement en ce moment, offrent des possibilités de sabotage et de contre-révolution aux forces qui tirent vers l’arrière. Aujourd’hui il faut redonner confiance à la suprématie de la loi et re-accepter et se re-approprier l’état de droit.

Le militantisme rentable en ce moment,  je le vois à l’intérieur des partis politiques et non dans la rue. il faut reprendre le travail politique dans les règles de l’art, les partis de l’ancienne opposition doivent travailler et gagner en crédibilité, même si tous les tunisiens n’y croient plus aux protagonistes actuels de la scène politique et qu’ils pensent que comme le RCD, tous les partis politiques, l’UGTT, les organisations et les institutions, ont tous besoin de se faire leurs propres coups de ballets, ou de se faire leurs propres remises en question.

Nous avons tous vu qu’objectivement le peuple n’est pas en mesure de résister plus que deux jours au manque de produits alimentaires – Nous avons vu et entendu les femmes et les hommes à travers les chaînes radios et TV paniquer et crier « Au pain » – Nous avons contester intellectuellement, cette attitude peu militante et pas du tout prête à faire des sacrifices pour ‘la révolution’- Nous avons également vu des hommes et des femmes courir avec des objets volés des magasins, dans des scènes médiévales. Nous avons vu des ouvriers frapper des cadres et décider de les licencier dans une sorte dictature prolétaire.

Est ce une nouvelle dictature? celle de la rue.

Nous avons certes les devoirs de la mémoire, de la punition, de la justice, du changement et de la réforme – dans tous les domaines-  sauf que tout cela ne pourrait pas se faire en deux jours, il y a un temps objectif pour chaque action.

Il faut veiller à ce que cette révolution populaire ne se cannibalise pas par son impatience,  le « Tout-maintenant » pourrait être contre-révolutionnaire; et nous ne sommes pas prêts en tant que tunisiens à voir ce potentiel révolutionnaire mourir avant de devenir une vraie Révolution.

Nous avons fait un grand pas contre la tyrannie, il nous reste encore des pas pour réaliser la Révolution et la Démocratie.

Par Noureddine Messaoud, mercredi 26 janvier 2011

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