Chroniques d’une révolution : Ben Salah et l’expérience socialiste Tunisienne, La Tunisie nouvelle devrait-elle ré-interroger son histoire contemporaine?

En réponses à toutes les accusations liées à l’échec de l’expérience socialiste Tunisienne et à son chef de file, Ahmed Ben Salah, l’Ex-ministre de l’économie et du plan pendant les premières années de la jeune république Tunisienne indépendante, commence souvent en plaidant à sa cause, par dire qu’il s’agit de mensonges, et que  l’expérience des coopératives qui ne représentait qu’une partie de son projet économique et social, n’avait pas échoué mais qu’on l’avait fait échouer pour des raisons politiques et personnelles.

Les mensonges, j’en ai repéré personnellement un, lors du talk-show sur la chaîne Ettounisia TV, auquel Mr Ben Salah était invité. En effet, le journaliste Sofien Ben Farhat a menti, ou peut être a reporté un mensonge, en ce qui concerne l‘Hôtel Erriadh Palm de Ridha Mlaieh à sousse; car l’hôtel de Mlaieh appartenait à la municipalité de Sousse avant d’être racheté et reconstruit par Mlaieh pendant les années 80; et ce suite à une association entre Mlaieh et un riche homme d’affaire libyen. donc les Mlayehs de Djemmel  n’avaient pas eu l’Hôtel pendant les années soixante en vendant  leurs terres agricoles afin de les sauver de  » la collectivisation « . mais suite à une transaction faite pendant les années 80.

J’ai repéré également une anomalie dans les dires du journaliste-syndicaliste Sofien Ben Farhat, puisqu’il reconnait avoir 4 ans d’âge à la fin de l’expérience des coopératives, néanmoins il se rappelle des « massacres »  causés par cette expérience ; il affirme même, tout en étant soutenu par l’autre animateur, qu’il était très marqué par les « massacres », qu’avaient vu M’saken, Ouardanine et Borj Ali Erraies. et a tenté, par la même, d’en charger Ahmed Ben Salah.

En s’appropriant de tels dires, ce journaliste démontre qu’il était bercé et nourrit par la propagande anti-BenSalah de Bourguiba, toutefois, un syndicaliste militant et un journaliste qui se veut professionnel devrait faire un effort de recherche – d’autant plus que, paradoxalement, Sofien Ben Farhat revendique dans toutes les tribunes où il passe un statut d’opposant et d’anti-Bourguiba. d’abord, ne lui faudrait-t-il pas commencer par se désengager de la propagande Bourguibienne avant de s’opposer au Bourguibisme.

Au-delà de Sofien Ben Farhat, Beaucoup de révolutionnaires et de pseudo-révoltionnaires de la Tunisie révolutionnaire de l’après 14 janvier 2011, à droite comme à gauche, n’ont pas cessé de remettre en question à tort et à raison, l’état de l’indépendance, de Bourguiba à Ben Ali, la constitution Tunisienne, la version officielle de l’histoire contemporaine et celle du mouvement de libération nationale et même les acquis de la Tunisie moderne… sauf en ce qui concerne Ahmed Ben Salah, puisqu’ils sont toujours, en train de reproduire la propagande Bourguibienne hostile à Ben Salah – des reproductions propagandistes naïves et peu créatives.

Il faudrait peut être souligner, que le projet socialiste de Ben Salah pendant les années 60 – inspiré fortement du modèle scandinave – n’avait pas plu aux partisans du capitalisme et de l’économie libérale car limitant leurs champs d’action et d’enrichissement, au même temps qu’il n’avait pas plu aux partisans de la gauche communiste car n’ayant pas calqué intégralement le modèle communiste soviétique. Les étudiants communistes de l’époque ainsi que le parti communiste Tunisien considéraient Ben Salah comme « falsificateur » du communisme تحريفي – De nos jours, le communisme fait parti de l’histoire, le parti communiste Tunisien lui même, s’est renouvelé et a choisi comme nom « Ettajdid », la majorité des militants de la gauche communiste des années soixante s’est mutée en capitalistes et libéraux. nonobstant les partisans de la gauche se figent en ce qui concerne leurs jugements et leurs positions négatives par rapport à l’expérience socialiste Tunisienne menée par Ahmed Ben Salah.

Pourrait-t-on dire sans trop prendre de risques, que ni la droite libérale, ni la gauche communiste, n’étaient parvenues – et ne parviennent toujours pas – à s’apercevoir de l’essence du projet socialiste authentique, que Ben Salah voulait instaurer en Tunisie ?

 

Ben Salah, et la phobie de Bourguiba de perdre le pouvoir :

La phobie de Bourguiba de perdre le pouvoir, avait bien servi à son entourage et aux adversaires de Ben Salah pour le faire chuter, en effet l’entourage du président lui avait fait croire que le jeune ministre dynamique; charismatique, intelligent et orateur allait lui prendre son pouvoir, ce qui explique que Bourguiba avait tout fait pour l’éliminer. En 1979 dix ans après la déchéance de Ben Salah, Bourguiba avait la même phobie à l’égard de Hédi Nouira, son médecin personnel en l’occurrence Dr Omar Chedly avait raconté dans un documentaire que Bourguiba avait dit un jour, « Nouira veut me prendre le pouvoir »; Idem avec Mohamed Mzali, et ce pour dire que si on veut juger objectivement Ahmed Ben Salah et son projet économique et social pendant les années 60, il faut absolument tenir compte de cette phobie chez Bourguiba, qui pourrait remonter à son duel acharné avec Salah Ben Youssef pour le pouvoir.

En ce moment fondateur,  ne faudrait-t-il pas que la Tunisie révolutionnaire ré-interroge son histoire contemporaine, en ce qui concerne Ahmed Ben Salah, en tant qu’homme d’état, en ce qui concerne ses prestations dans les diverses responsabilités qu’on lui avait attribué et ses apports à la construction de la Tunisie de l’après indépendance, et surtout en ce qui concerne l’expérience socialiste tunisienne ?

Noureddine Messaoud

lundi 16 mai 2011, 01:23


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Un commentaire pour Chroniques d’une révolution : Ben Salah et l’expérience socialiste Tunisienne, La Tunisie nouvelle devrait-elle ré-interroger son histoire contemporaine?

  1. la laicite bourguiba et ben ali ( deux athée franc macon )pas du tout la laicite dans le monde.c une laicite ou toutes les religions sont les biens venues, mais tres islamophobie. la tunisie est le pays le plus islamophobe au monde.il faut pas se voiler la face.meme israel n’as jamais humilier islam.des maison des prostitué control et gere par l’etat meme en face des mosques. quel provocation.les jeunesmusulmans qui sont pratiquant so torturé et disparus et meme violés.tunisie est un pays tres dangereux pour des musulman qui veut pratiqué sa religion tranquilement.on vous traitre commes des sous-humains si vous etes pratiquant ou barbus.mais si juif ou chretien barbus vous etes respecté. la tolerance et les respect doit etre pour tout le monde.beaucoup croient que la liberte ou laicite v dire aucun limite pour la pudeur.

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