Chroniques d’une révolution : La « révolution » tunisienne doit quitter la case de départ / Opinion et plan d’action

par Noureddine Messaoud, lundi 6 juin 2011, 08:59

Six mois déjà et la « révolution » du peuple est toujours dans la case de départ,  ce qui représente en soi un échec, car comme disait Mao « un vélo qui n’avance pas, tombe »; toutefois, il faut bien que la Tunisie avance et qu’elle parvienne à concrétiser des réalisations utiles pour rassurer le peuple et garantir la bonne marche vers la démocratie et la rupture avec la dictature.

Face au figé et au statique il faudrait commencer quelque part et créer une certaine dynamique politique susceptible de faire avancer les choses concrètement vers une seconde république démocratique fidèle aux martyrs et aux revendications de la révolution en l’occurrence, Dignité, Justice, liberté et Bien-être économique.  Cette dynamique politique doit puiser dans un stricte minimum de légitimité et dans un esprit démocratique, d’autant plus qu’une telle dynamique est essentielle pour la Tunisie en ce moment plus que jamais; car tout ce qui règne dans la vie politique c’est l’illégitime, le provisoire, et l’improvisé du côté du pouvoir et  les batailles, les calculs, et les manœuvres politiciennes du côté des partis politiques.

Cette dynamique politique démocratique au stricte minimum légal, se construirait sur les idées suivantes, dans l’ordre et dans une démarche de priorités.

1/ LE RÉFÉRANDUM

La réussite d’une telle révolution ne pourrait jamais avoir lieu sans que le peuple puisse pratiquer sa souveraineté, une souveraineté qui se manifeste tout d’abord dans l’expression de son avis et de ses choix, dans un référendum, sur le modèle économique, social et politique de la Tunisie nouvelle, et ce avant d’aller vers la constituante.

2/ L’INSTITUALISATION PROVISOIRE DU PROVISOIRE

Pour la période transitoire qui pourrait durer jusqu’à deux ans ou plus, il faudrait instaurer des règles régissant les relations entre les différentes autorités en revenant de manière provisoire à la constitution de 1959 après l’avoir purifier des anomalies, et ce afin d’éviter le vide constitutionnel jusqu’à ce que l’assemblée constituante propose la nouvelle constitution émanant de la Tunisie révolutionnaire et de la volonté du peuple, et qui doit absolument émerger de l’âme de la révolution.

3/ LA SUPRÉMATIE DE LA LOI ET LE NETTOIEMENT DE L’ORGANISME JUDICIAIRE

La période transitoire doit être caractérisée par la suprématie de la loi, et ce afin de préserver la paix sociale et parvenir à atteindre les buts de la révolution du peuple et éviter toute action contre-révolutionnaire. pour cela il faut commencer par le nettoyage du système judiciaire de tous les éléments corrompus puis préserver son indépendance. Dès lors, les Tunisiens peuvent traverser sans crainte la période de transition, car ayant une garantie de préserver leurs droits personnels et collectifs ainsi que ceux de leur pays.

4/ UN PARLEMENT PROVISOIRE OU UNE ASSEMBLÉE NATIONALE DES PARTIS

Dans une démocratie ou dans une société qui s’apprête à la démocratie; il faut qu’il y ait  face à un quelconque gouvernement et au président – permanents ou provisoires – , une entité de contrôle politique, qui pourrait aussi être provisoire. on peut apprécier dans ce sens là, la proposition de Mr Ahmed Ben Salah, avec Mr Ahmed Mestiri et Mr Mustfa Filali,  dès le 20 janvier 2011, qui consistait à former une « Assemblée de protection de la révolution » qui aurait pu être une sorte de Parlement Provisoire comme l’avais suggéré Mr Ben Salah – malheureusement le gouvernement a proposé l’Alien de ce dont nous avions besoin, et a créé un Conseil national pour la protection de la révolution, etc…; vidé de toute capacité de contre-pouvoir et de contrôle sur le gouvernement provisoire.

Aujourd’hui Mr Ahmed Ben Salah revient, comme secrétaire général du MUP, avec une astucieuse nouvelle proposition qui pourrait garantir un minimum de légitimité au système politique provisoire de la Tunisie post-révolutionnaire : Le conseil national des partis politiques qui aura la mission d’un parlement provisoire. et ce jusqu’à ce que le peuple parvient à élire, un parlement, un gouvernement et un président, tous légaux.

VERS  1 / L’ASSEMBLÉE CONSTITUANTE

L’assemblée constituante est l’ultime phase avant le passage à la légalité absolue, sa mission pourrait être-dans le cas de l’instauration d’un stricte minimum de légalité comme expliqué ci-dessus – uniquement celle de la conception et la rédaction de la nouvelle constitution selon la volonté et les choix du peuple Tunisien.  

VERS 2/ UN RÉFÉRENDUM SUR LA NOUVELLE CONSTITUTION

Il faut rester fidèle au peuple et à l’importance de la pratique de la souveraineté du peuple via un référendum sur la nouvelle constitution.

VERS 3/ DES ÉLECTIONS LIBRES SUR LA BASE DE LA NOUVELLE CONSTITUTION.

Une fois le peuple valide sa constitution, tout sera prêt pour se lancer dans des élections libres et transparentes, et c’est à ce moment là que l’on pourrait considérer que la Tunisie est rentré réellement dans l’ère démocratique.

Noureddine Messaoud

05 Juin 2011


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