Chroniques d’une révolution : Surabonder la scène de partis politiques pour mieux contrer la révolution.

Bien qu’elle ait été symboliquement importante et ait suscité une euphorie au sein du peuple; la décision de Rajhi de dissoudre le RCD  était une décision qui avait profité malencontreusement aux RCDistes et aux forces de la contre-révolution. on parle de 80 nouveaux partis émanant de l’RCD, une explosion de partis politiques voulue et peut-être programmée – par les parties qui tirent les ficelles en ce moment – , car créant un encombrement démesuré sur la nouvelle carte politique de la Tunisie de l’après 14 janvier, susceptible de créer  l’amalgame entre les partis politiques sérieux, ayant une vraie profondeur historique et idéologique, et témoignant d’un vrai militantisme. et ceux des dernières minutes sans historiques et sans idées claires. La vulgarisation des partis politiques ne fait que décrédibiliser leur rôle et créer un sentiment de lassitude et de non-chalence chez les Tunisiens envers le travail politique et l’engagement au sein des partis. et ce malgré que ce soit la seule manière de réussir la transition démocratique et construire la nouvelle république loin de la violence et dans le cadre de la pratique démocratique pacifique.

Les forces invisibles qui veulent modeler la Tunisie nouvelle selon leur crédo et leurs intérêts, ont usé de tout leur art, comme créer l’instabilité, le sentiment de l’insécurité et du désordre, submerger la scène de partis en papier émergeant de l’RCD, amoindrir la visibilité et l’impact des partis politiques sérieux, ceux qui avaient joué des rôles importants dans l’histoire de l’opposition Tunisienne – plusieurs d’entre eux n’ont jamais pu bénéficier de la légalité avant le 14 janvier 2011, et ce ni du temps de Bourguiba et ni du temps de Ben Ali- .

En contre partie ces forces proposent aux Tunisiens comme alternative politique- avec l’aide de l’argent politisé « aux sources inconnues » et l’ouverture des portes des masses media- d’un côté, des partis anciens/nouveaux reconnus par l’ancien régime et qui avaient, l’image d’une opposition non « Cartoonienne », mais aussi la tradition de jongler avec les compromis, et l’art de traiter avec le régime tout en s’y opposant; et ce après leur recyclage, relyfting et après avoir garanti qu’ils seront dans la ligne voulue, en étant d’abord du côté du gouvernement temporaire de Caied Essebsi*.  Et d’un autre côté par le lancement de nouveaux partis-entreprises. Ces partis sont créés, soit par d’anciens hommes politiques de l’ancien système politique corrompu et malsain, soit par des hommes d’affaires émergeant de l’ancien système économique mis en place par Ben Ali, avec tout ce que ce dernier aurait pu y mettre comme ingrédients mafieux.

Dans les deux cas, ces partis sont créés par des hommes et des femmes bercés et nourris dans le système Ben Ali. leurs missions seraient de maintenir ou de reproduire, le même système politique dépendant généralement de volontés extérieures ainsi que le même système économique et social caractérisé par le néo-libéralisme. les partisans de ces partis ne sembleraient pas tirer les leçons de la faillite sociale du néo-libéralisme, qui tenteraient souvent de camoufler par des slogans vides tels que le libéralisme citoyen.

Les Tunisiens doivent se montrer encore plus vigilants que jamais à l’égard des partis politiques émanant de l’ancien système et ceux liés à des volontés et agendas extérieurs, au même temps, ils sont appelés à être obligatoirement optimistes et à croire en la possibilité de réaliser une transition démocratique pacifique en cohésion avec leurs revendications via les canaux politiques connus, tels que le travail politique au sein des partis, les mécanismes du pouvoir/contre-pouvoir et les élections.

Tout Tunisien qui se dit patriote, devrait  commencer par repérer les faux partis, étudier les vrais, choisir celui qui converge avec ses convictions – peu importe les lignes idéologiques –  et veillez à ce qu’il soit un parti qui respecte la différence et l’altérité et qui croit aux libertés et à la démocratie; et surtout un parti qui n’a de loyauté que pour le peuple Tunisien et pour la Tunisie.

N.Messaoud

18-08-2011

* Le gouvernement temporaire de Caied Sebsi semble vouloir éterniser son pouvoir, non seulement par sa volonté de durer même après les élections de la constituante mais surtout par ses actions et la mise en oeuvre de projets à long terme, notamment en ce qui concerne l’économie et les alliances internationales

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