Chroniques d’une révolution : Moncef Marzouki, s’apprêterait-t-il à la présidence avec une crise oedipienne ! ! ?

Moncef Marzouki, le prochain président de la république Tunisienne – Une présidence fortement négociée dans les coulisses de la troïka Nahdha-CPR-Takattol –, N’hésite pas à se proclamer « Premier président » de la république Tunisienne et ce, fort probablement , par une volonté obsessionnelle de balayer tout l’héritage de la première république Tunisienne et d’effacer un épisode important ainsi qu’une étape fondatrice de l’histoire républicaine de la Tunisie moderne.

Moncef Marzouki dont nous avons beaucoup soutenu les positions hostiles au régime despotique et mafieux de Ben Ali – car nous les partageons nous aussi –, que nous avons soutenu et élu dans les élections de la constituante, devrait retrouver son calme après une compréhensible euphorie et retrouver surtout une certaine objectivité, nécessaire pour faire accéder le potentiel révolutionnaire Tunisien à une révolution constructive et réformiste… vouloir à tout prix tuer son père, ne pourrait que brouiller les pistes et fausser le processus révolutionnaire objectif car l’éloignant de son essence et objet et par la même de ce dont le peuple révolté avait revendiqué.

En dénigrant Haineusement Bourguiba – Ceci est vrai aussi pour Rached Ghannouchi qui partage lui aussi la même haine de Marzouki à l’égard de Bourguiba, une haine qui au delà des différends politiques et idéologiques avec le fondateur et premier président de la république Tunisienne, semblerait avoir des raisons et motifs personnels – Mr Marzouki, l’homme politique et le prochain homme d’état se met a fortiori , en dehors de toute objectivité historique, non seulement au sens chronologique et événementiel du mot, mais aussi au sens philosophique Marxien, le dernier étant encore plus important car porteur des sens précis de la révolution ainsi que de ses revendications et projets.

La Révolution Tunisienne est une révolution unique, qui s’est créé au sein de la société tunisienne avec la volonté du peuple Tunisien lui même, qui a levé des slogans propres à lui, et qui s’est étendue et propagée dans un mouvement social extraordinaire. Elle est accomplie apriori par un auto-déclenchement révolutionnaire indépendant de toute volonté extérieure  – et ce malgré que certaines parties extérieures ont essayé et essayent toujours de mettre la main sur la révolution tunisienne, ou donner l’impression d’être à son origine –, et de tout parti politique ou opposition militante et encadrante , ce qui enlève tout bonus de leadership à tous les prétendants politiques du moment et ce contrairement à la révolution de 1956 qui présentait un moment historique caractérisé par un consensus au sein de la majorité écrasante du peuple et de la classe politique Tunisienne sur la personne de Habib Bourguiba en tant que leader ayant la légitimité militante et en tant que meneur des négociations politiques de l’indépendance avec la colonisateur français.

La Révolution que les jeunes ont revendiqué sera « Bourguibienne » , Marzouki et Ghannouchi devraient comprendre cela et l’accepter :  

Sans oublier de débattre sur les pratiques despotiques de Bourguiba, leurs origines, motivations et causes et analyser les déviations que sa pratique de l’autorité  avait subi, jusqu’à arriver au culte de la personne unique, car il est primordial de mettre les choses dans leurs cadres historiques et dans leurs contextes politiques pour mieux les saisir, et c’est dans ce sens qu’il faut rappeler que le retour triomphal de Bourguiba à la goulette, le 1er juin 1955, et le grand accueil populaire que les Tunisiens lui ont réservé, n’est guère comparable ni au retour de Ghannouchi et encore moins à celui de Marzouki, qui était même victime d’agression et d’humiliation à Sidi Bouzid et à la Kasba – on se rappelle tous de la manière caricaturale avec laquelle Marzouki a essayé d’imiter Bourguiba en se laissant porter sur les épaules de ses partisans et dont les images publiées sur Facebook étaient l’objet de commentaires satiriques des facbookers –, et ce pour dire qu’à la légitimité historique militante de Bourguiba, l’unanimité de tous les militants de l’indépendance autour de sa personne et autour de son statut de leader de la révolution de l’indépendance, s’ajoutait une importante donne, celle de sa grande popularité auprès de tous les Tunisiens à cette époque de l’histoire de la Tunisie.

Au delà de la légitimé visible de Bourguiba, il faut surtout mettre en exergue et souligner son projet sociétal progressiste qui avait émané, d’un côté, du mouvement réformiste et progressiste Tunisien du 19ème siècle, et ce de Ahmed Bacha Bey, en passant par Kheireddine Bacha Ettounisi, cheikh Mahmoud Kabadou, cheikh Salem Bouhadjeb, jusqu’au cheikh Abdelaziz Thaalbi et au penseur Tahar Haddad, et s’était reposé, d’un autre côté, sur le credo réformiste-progressite de Bourguiba et sur sa légitimité politique, pour produire l’actuelle société Tunisienne à la fois consciente et attachée à ses racines civilisationnelles, à son identité et à sa religion, et au même temps ouverte sur le monde, le progrès et les civilisations les plus actives.

Aucun des vrais protagonistes de la révolution de 2011 n’avait mis en doute ou appeler à la  destruction du projet sociétal fondé par Bourguiba, ou à sa substitution par un autre projet, salafiste-Najdien, ou khoumainien-Iranien; personne des jeunes n’avait songé au modèle sociétal Saoudien , Qatari ou même Turque. Les revendications étaient en revanche socio-économiques et politiques, à l’intérieur du canevas civilisationnel et sociétal Tunisien, les jeunes Tunisiens, ont réclamé la dignité, le travail, la liberté, la justice, et la démocratie; n’ont point émis des revendications identitaires ou religieuses, et ils ont encore moins aspirer à adopter des modèles sociaux venant des pays du golf.

La révolution des jeunes Tunisiens est une révolution de liberté pour plus de liberté,  de dignité pour plus de dignité et de progrès – ne serait ce que par son aspect e-révolution – pour plus de progrès. Une révolution progressiste par excellence et c’est dans ce sens qu’elle demeure « Bourguibienne », c’est  la révolution que Bourguiba aurait dû laisser faire du temps de son vivant afin de donner à son projet toutes ses lettres de noblesses.

La révolution Tunisienne doit sédimenter les acquis civilisationnels, culturels et sociaux de la Tunisie dans une vision réformiste.

mercredi 23 novembre 2011
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