Chroniques d’une révolution : L’initiative BCE entre le Destourisme authentique et le Rcdisme opportuniste.

Les évènements de l’après 14 Janvier ont voulu qu’après le sit-in de la Kasba et la démission de Mr Mohamed Ghannouchi sous la pression des sit-inneurs, Le président provisoire de l’époque, Mr Foued M’bazza a  nommé son cousin Mr Béji Caied Essebsi au poste de premier ministre. C’est ainsi que Mr BCE a émergé de nouveau sur la scène politique en empruntant un discours Bourguibien qui a réussi à calmer les inquiétudes du peuple et à stabiliser le pays, mais surtout à permettre la continuité de l’état Tunisien, et c’est une idée fondamentale chez Bourguiba.

Nous voilà, malgré nos réserves à l’égard de BCE et de son historique , d’accord avec lui sur la nécessité de l’émergence d’une entité aux références bourguibiennes, sur la scène politique actuelle . Toutefois, soutenir et valoriser le mode de penser progressiste et réformiste de Bourguiba, ainsi qu’appeler à construire sur les points lumineux de son héritage, dans une optique de sédimentation civilistationnelle, qui est celle d’un pays et d’une nation, ne doit surtout pas appeler à adhérer ou à défendre les erreurs politiques du « Zaïm », sa dictature, son despotisme et ses injustices. De plus, cela ne doit surtout pas être synonyme d’un quelconque culte d’un quelconque totem, car la réussite de la révolution tunisienne est conditionnée entre autres par notre capacité à évacuer l’idée de « Amir almoôminine  » tant ancrée et tant dominant l’inconscient collectif des tunisiens – comme arabo-musulmans – . il faut, d’abord, que le tunisien(ne) post-révolutionnaire s’auto-construit tel qu’un Homme nouveau et se valorise en tant qu’individu et en tant que citoyen(ne) ayant une dignité, une volonté et des droits sacrés à commencer par la liberté, d’être, de penser et de s’exprimer dans le cadre de la suprématie de la loi et du respect de l’état de droit.

Défendre le projet moderniste de Bourguiba, même si ceci devrait passer par la défense de sa mémoire, contre les dévaluations subjectives et haineuses – et non contre les critiques objectives –  est incontournable pour rappeler aux nouveaux gouverneurs de la Tunisie que ce pays n’est pas un désert civilisationnel, mais qu’il s’agit, malgré les failles , d’un pays ayant une civilisation, une culture, une tradition d’état et surtout un grand peuple, ancré dans sa civilisation et dans son identité et ouvert sur le monde, d’autant plus qu’il possède un héritage républicain, qu’il faudrait absolument défendre et préserver et que les 56 années d’indépendance ne sont pas toutes mauvaises et malheureuses et donc ne sont pas toutes à jeter – il faudrait par la même, reconnaître que même pendant l’ère de Ben Ali , la Tunisie a connu des réalisations -. Certes, nous avons besoins d’évaluer objectivement notre histoire contemporaine, afin de bien tirer les leçons pour l’avenir.

D’autre part, ressusciter le Bourguibisme comme mode de penser et comme vision progressiste de la société, ne devrait pas servir aux criminels, serviteurs et spéculateurs du système mafieux et corrompu de Benali ainsi qu’aux Rcdistes les plus pourris, de cheval de Troie, leur permettant de retrouver une brèche pour revenir sur la scène politique sans payer le juste prix de leurs erreurs et crimes. D’autant plus que nombreux d’entre eux n’ont rien fait ou dit pour défendre le leader Bourguiba dans sa dernière prison, ils se sont abstenus de défendre son symbolisme de bâtisseur de la Tunisie moderne, voire même de défendre ses droits – de l’homme – les plus élémentaires.

Ressusciter le Bourguibisme serait plutôt une mission légitime qui devrait être réservée aux destouriens authentiques, ceux qui sont restés fidèles à la pensée Bourguibienne et qui n’ont pas dénigré Bourguiba durant les 23 ans mauves pour courtiser Ben Ali et profiter de son système et pour se créer des fortunes et des positions.

L’on pourrait considérer que les opposants de Bourguiba, ceux qui ont milité pour la démocratie et les libertés et contre le despotisme, qu’ils soient de ceux qui avaient travaillé dans ses gouvernements tels que Mr Ahmed Ben Salah ou Mr Ahmed Mestiri, ou de ceux qui s’étaient opposés à lui de l’extérieur comme les perspectivistes, les syndicalistes, le MUP et le MDS des années 70, les étudiants, les activistes et autres…sont plus Bourguibiens au sens intellectuel que beaucoup d’opportunistes mutés, en l’espace d’une journée, en Bourguibistes pûrs et dûrs en espérant en gagner quelque chose, mais malheuresement sans saisir le vrai sens du mode de penser Bourguibien.

N.Messaoud

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