Chroniques d’une révolution : Événements du 9 Avril, à l’avenue Bourguiba, la symbolique du lieu et l’ancrage des valeurs de la révolution dans l’inconscient collectif.

La violence de la police, le lundi 9 Avril 2012, contre les manifestants pacifiques – qui sont venus célébrer la mémoire des martyrs de l’indépendance – à l’avenue Bourguiba et la résistance de ces derniers à cette violence policière, semblent être une rechute de la démocratie et des libertés. Cependant, nous souhaitons que ces événements serviront de leçon pour le gouvernement de la Troïka, à sa tête le parti Ennahda, et pour tout autre prochain gouvernement, sur la sacralité de ce dont la révolution pacifique du peuple a réalisé en terme de libertés démocratiques.

Nous sommes vraiment contrariés de voir que le ministre de l’intérieur, Mr Ali Laaraiedh – dont nous avons salué le courage, celui de revenir au lieu même de ses tortures, et dont nous avons salué le discours, car reflétant de vraies prédispositions à être un vrai homme d’état, et car en rupture avec tout fond dogmatique provenant de son parti – s’est laissé prendre une décision anti-démocratique et en rupture avec la symbolique de la révolution, celle d’interdire les manifestations à l’Avenue Bourguiba. Cela dit, serait-il victime d’un mauvais jugement politique, de mauvais conseils ou de demandes et pressions venues de son parti ?

L’on pourrait interpréter la fermeture de l’avenue Bourguiba, suite à la décision du ministre de l’intérieur, par une certaine antipathie émanant de la Nahdha, de son président et de ces membres dans le gouvernement et dans la constituante, à tout symbolisme lié à cette avenue qui est devenue mythique dans l’inconscient collectif tunisien, mais surtout à leur refus implicite et explicite du nom qu’elle porte  » Avenue Habib Bourguiba ». Habib Bourguiba, l’homme qui perturbe, même mort, les espérances dogmatiques du parti de Rached Ghannouchi, d’autant plus que c’est le lieu qui incarne le plus la délivrance de tout un peuple et la réussite de sa « révolution » à chasser Ben Ali et sa bande de mafieux et qui rappelle ses revendications de dignité, de liberté et de démocratie. – Une révolution qui, certes, n’est pas celle d’un parti, mais celle d’un peuple guidé uniquement par sa volonté et par sa solidarité contre la tyrannie –

Au lendemain du 7 novembre 1987, nous nous disions entre amis que la démocratie, ce n’est pas un programme politique ou une décision venant de l’autorité, mais qu’elle est plutôt le fruit d’une lutte que le peuple devrait mener. Aujourd’hui le peuple a lutté pour ses libertés démocratiques et il sera au rendez-vous contre toute tentative tenant à annihiler ou à limiter ses acquis.

N.Messaoud

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